La Guinée franchit une nouvelle étape dans sa trajectoire économique. Après la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), les autorités guinéennes ont présenté, mardi 11 août 2026, les principaux enjeux de ce partenariat.
D’une durée de 41 mois, le programme pourrait permettre à la Guinée d’accéder à environ 425 millions de dollars, sous réserve de son approbation par le Conseil d’administration du FMI, attendue en septembre.
Face à la presse, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, et le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, ont défendu un accord présenté comme un levier pour consolider les équilibres économiques et accélérer les réformes.
Cinq priorités pour transformer l’économie
Le programme repose principalement sur cinq axes : mobilisation des recettes publiques, amélioration de la gestion des finances publiques, stabilité macroéconomique et financière, renforcement de la gouvernance et diversification de l’économie.
Selon Mariama Ciré Sylla, la Guinée aborde ce nouveau programme avec des acquis. Elle cite notamment une croissance de 6,9 % en 2025, qui pourrait atteindre plus de 8 % en 2026, ainsi qu’une progression des recettes fiscales.
Pour la ministre, le FMI doit accompagner les réformes engagées par la Guinée et non se substituer aux autorités nationales. L’objectif affiché est de mieux mobiliser les ressources internes afin de financer les secteurs prioritaires, notamment les infrastructures, la santé, l’éducation, l’eau et l’électricité.
Un financement, mais surtout un signal de confiance
Pour Ismaël Nabé, l’accord dépasse la seule question des 425 millions de dollars. Il constitue également, selon lui, un signal de crédibilité et de confiance susceptible de faciliter la mobilisation d’autres financements et investissements.
Le ministre insiste sur la nécessité de renforcer la planification, moderniser le système statistique national et mieux aligner la coopération internationale sur les priorités de développement de la Guinée.
Karamo Kaba : « Le véritable travail commence maintenant »
Le gouverneur de la BCRG, Dr Karamo Kaba, a, pour sa part, appelé à dépasser la logique des annonces pour privilégier les résultats concrets.
Il estime que la croissance attendue, notamment avec la montée en puissance de Simandou, doit se traduire par davantage d’emplois, d’infrastructures, d’électricité, de production agricole et d’opportunités pour la jeunesse.
Pour lui, Simandou ne doit pas se limiter à l’exportation de minerai, mais devenir un catalyseur de transformation économique, capable de stimuler les entreprises guinéennes, les infrastructures et la création d’emplois.
« Nous devons passer d’une culture de l’annonce à une culture de la réalisation », a-t-il insisté, appelant à transformer les engagements en réformes, les réformes en investissements et les investissements en emplois.
La Guinée face à un nouveau défi
Au-delà du financement attendu, l’enjeu sera désormais celui de l’exécution et des résultats. Les autorités devront démontrer que les réformes annoncées peuvent effectivement renforcer les finances publiques, diversifier l’économie et améliorer les conditions de vie des populations.
Pour le gouverneur de la BCRG, la souveraineté économique ne signifie pas l’isolement, mais la capacité d’un État à maîtriser ses finances, préserver ses réserves, attirer les investissements dans de bonnes conditions et surtout transformer ses propres ressources en développement.
Le message des autorités est donc clair : les 425 millions de dollars attendus du FMI ne doivent pas être considérés comme une fin en soi, mais comme un moyen d’accélérer les transformations économiques engagées par la Guinée.
SEKOU CAMARA







